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Un concours très ordinaire :

 

Ce concours de pêche au coup, c’est le seul auquel j’ai jamais participé. Mais je le fais tous les ans. Il faut dire que c’est celui de la société de pêche de ma boite " Le moulinet beauvaisien " Ce n’est pas ma boite mais la société de pêche qui s’appelle comme ça, vous l’aviez deviné. Celle-ci, financée par le Comité d’entreprise, gère un étang de 7 hectares (une ancienne ballastière comme il y en a tant par chez moi) Il est très peuplé en cyprinidés, gardons, carpes et surtout des brèmes en pagaille dont certaines sont monstrueuses. Tous les carnassiers sont diversement représentés ; des perches souvent petites ; un peu de sandres qui sont peu pêchés et quelques brochets, souvent mis à la musette en dessous de la maille par des pêcheurs sans scrupules, et parfois braconnés par des " cormorans en bottes " Le reste du temps, c’est à dire tous les 15 jours en saison, la galerie s’amuse avec des déversements de truites arc-en-ciel. Je n’y vais pas, chacun son truc. J’aime la pêche...

Cette année, pas mal de jeunes, voir très jeunes s’étaient inscrits à ce concours de pêche au coup. Voulaient-ils se mesurer aux grands ou furent-ils attirés par les très beaux lots qui, si vous vous classez, remboursent largement les 15 euros d’inscription ? Peu importe, ils pêchaient...

Ce ne fut pas de la tarte, ce concours, par la chaleur quasi-caniculaire de ce dimanche 19 juin. D’abord quelques précisions. Tirage : 5h30. Amorçage : 5h55. Début : 6h00. Fin : 11h00.

Dans le tout petit matin, plein d’espoir, on s’affaire autour du volumineux matériel de pêche au coup et l’on rejoint sa place.

Chez nous, vous allez rire, le concurrent qui tire le N°1 va se placer où il veut et ainsi de suite, le dernier se met où il peut. Cette année, j’ai tiré le dernier numéro. Tant pis !

Je me suis installé sur une place face à des fonds d’environ 2 mètres et j’ai déballé ma 10m50 dont j’ai gardé les deux premiers brins en réserve. J’ai amorcé pour la brème, puissamment à 8-9 mètres du bord donc, avec de l’amorce de fond " Sensas étang " à laquelle j’ai ajouté 30% de pain bien trempé, parfaitement essoré, émietté, le tout bien brassé et amélioré de pleines pochées de gozzers.

Ligne en 10/100ème, flotteur fusiforme de 0,60g soutenant une plombée groupée en cendrées N°8, bas de ligne 10/100ème de 30 cm avec hameçon de 18 forgé-bronzé esché du beau gros gozzer bien gras (Miam !) qui traîne juste au ras du fond. Pas de touche ! Je traîne de 20 cm... Que dalle ! Je remonte au-dessus du fond : 10, 20, 30 cm, plus. Niet ! Je sors les vers de vase (chez moi on dit des vaseux) Toujours rien ! Je pêche plus loin, moins loin, bref je commence à bidouiller. Ce qui me rassure, un peu, c’est que les autres ne prennent rien non plus. Ouais ! Mais ils me guignent du coin de l’œil, je suis le tenant du titre.

Mais merde, il y a quand même quelques bulles sur mon coup, ça devrait rigoler ! J’essaie au blé, au pain Chaillou. Rien ! Vers 9h30, je change de tactique. Je verse tout le contenu d’une barquette de fouillis décollé dans les 2 à 3 kilos d’amorce qu’il me reste et je re-bombarde. J’espère avec le fouillis attirer la blanchaille, voir des perchettes. Au point où j’en suis, il me faut au moins me sauver de la déshonorante bredouille.

10h00 ! Toujours rien ! Et je te fais des relâchés et je te change de fond. Je t’en fiche ! Dernière tentative, je passe en 8/100ème, hameçon de 22 bleu fin de fer et re-vers de vase.

10h15 ! Une touche ! Ratée ! C’est toujours comme ça. Vous attendez les touches pendant des heures et la première... Ratée ! Quelques minutes et force aguichages plus tard : Re-touche ! Je sens quelque chose au bout. Merde ! Décrochée ! Je remets ça. Ah ! Enfin ! Un gardon de 30 à 40 g. Sauvé ! Pas capot !

J’insiste. La très fine antenne descend de quelques millimètres, remonte, se déplace très lentement en biais vers ma droite. Je ferre comme un malade. M’en fous, j’ai un élastique sur les deux derniers brins du scion. Bingo ! C’est du lourd. Ça monte et apparaît une sorte de couvercle de poubelle un peu cuivré. Ça reste à plat. J’amène sans fioritures, mais en douceur en pensant " Quand elle va s’approcher du bord, elle va redonner un coup de queue, replonger et ça va être du sport. Elle n'est pas au sec celle-là "

Et je songe également, non pas à mon 8/100ème suffisamment costaud au bout de l’élastique, mais à ce petit hameçon de 22 dans la grande bouche de ce plateau de self-service. Il ne doit pas crocher un gros morceau de peau dans la grosse lèvre mon petit hameçon. Et si ce mince filet de peau se déchire ? Ça doit lui tirer sur la courbure, tout ce poids, à mon petit fin de fer. Et s’il s’ouvrait ?

Au bord la brème a replongé, mollement, Je l’ai bridée et immédiatement remise à plat. Vite, de la main droite et aidé du coup de pied gauche, j’ai glissé l’épuisette dessous dès qu’elle est s’est trouvée à portée et l’ai pochée. J’ai commencé à respirer. Il était 10h30 passée. Je n’ai plus eu d’autres touches, pourtant j’ai insisté jusqu’à la dernière seconde. Il faut toujours insister jusqu’à la fin.

Voilà ! " Ah ! J’suis content ! " comme dirait Aurélien. On est toujours content quand on présente à la pesée une brème de 1 kg 600...

Et elle m’a permis de décrocher la timbale et je l’ai remise à l’eau, bien sûr.

Content ! Ouais ! Mais j’ai pêché comme un gland. Pourquoi n’ai-je pas, dans la première heure, baissé le diamètre du bas de ligne et la taille de l’hameçon ? J’avais tout essayé, sauf ça. Qué con !

 

 

 

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